En revanche, et à l’exception de la profession de pédicure-podologue, où il y a à présent 75 % de diplômés, les hommes peinent à s’imposer dans des secteurs traditionnellement très féminisés : infirmiers, sages-femmes, aidessoignants, orthophonistes, orthoptistes, psychomotriciens, ergothérapeutes…
Exemple le plus criant : le métier de sage-femme. Ouvert aux messieurs depuis 1982, il reste féminin dans plus de 98 % des cas ! Selon l’Insee,la part des hommes devrait malgré tout progresser. Un peu malgré eux, du fait que, depuis 2002, une première année d’études est commune aux sages-femmes, aux médecins et aux odontologistes. En cas de mauvais classement, les jeunes gens n’ont d’autre choix que la filière sage-femme. C’est ainsi qu’en 2004, sur les bancs des écoles de sages-femmes, 13 % des étudiants étaient des garçons.
Olivier Vassard, un pionnier, a tenté une première année de médecine et, à défaut, se serait bien vu infirmier ou ergothérapeute. C’est une amie qui lui a fait découvrir le métier de sage-femme. Il a rencontré des professionnelles à l’hôpital de Dieppe (où il exerce aujourd’hui au pavillon mère et enfant). « Ce qui m’a plu, dit-il, c’est l’aspect relationnel de la pratique et son autonomie, tant que les naissances se déroulent normalement. » Lorsqu’il intègre l’école de sages-femmes du CHU de Rouen en 1996, il est le seul garçon parmi soixante-dix-neuf filles.
Son arrivée à la maternité de Dieppe a été bien perçue par ses collègues, et les femmes enceintes ne l’ont jamais rejeté. « Les grossesses sont précieuses aujourd’hui, parce que moins nombreuses. Ce qui compte pour les couples, ce sont les compétences de la personne qui les prend en charge, peu importe qu’il s’agisse d’une femme ou d’un homme », note Olivier Vassard. Un plus pour ce sage-femme, marié, père de deux enfants : une fois par mois il s’occupe exclusivement des pères, répondant à leurs questions, à leur anxiété. Il leur fait visiter les salles d’accouchement afin « qu’ils ne se sentent plus parachutés juste au moment de la naissance ». Là, c’est le père qui parle.